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Cécile Sorel, comtesse de
Ségur, de son vrai nom Céline Emilie Seurre, est née à Paris le 7
septembre 1873. Elle débute
une carrière théâtrale en 1889 à l’Eden Théâtre dans
"Orphée aux Enfers". Elle entre à l’Odéon en 1898 où elle
crée une quinzaine de pièces. Le 17 juillet 1901, elle devient sociétaire de
la Comédie Française où elle reste 32 ans.
C’est en 1926
qu’elle épouse le comte de Ségur qui joua au théâtre et au
cinéma sous le nom de Guillaume de Saxe.
C’est une grande passion réciproque pleine de brouilles et de
folles équipées qui ont alimenté les chroniques parisiennes pendant
des années.
C’est à cette époque qu’elle décide de résider au
pavillon de chasse des Ségur, dans le bois de la Faisanderie à Mériel.
Il s’agit d’un manoir de style néo-florentin édifié au
XVIIè siècle par Zanobi
Léoni qui a bâti le château de Léry (ou Leyrit) à
Auvers-sur-Oise. Elle y vit entourée d’animaux, péroquets,
chiens chow-chow, paon et d’un grand nombre de pigeons.
C’est là qu’elle reçoit ses nombreux amis : Maurice
Barrès, Jean Weber, Jean Cocteau.
Notre illustre Célimène sera faite chevalier de la Légion
d’honneur. Guillaume de Saxe, son mari, meurt en 1945.
En 1950, elle décide de
s’isoler du monde. Elle prend le voile dans le Tiers-Ordre de
Saint François d’Assise. Ceci imposait le port de la bure,
qu’elle porta jusqu’à sa mort. Cependant, elle faisait
réaliser sa garde-robe par les plus grands couturiers. Le marron
réglementaire fut remplacé par le blanc orné d’un collet
rouge rubis, copié sur celui du pape.
Elle fit édifier une chapelle dans la Faisanderie par un ouvrier
de Mériel. Murs et plafond étaient recouverts à la feuille
d’or. Le curé de Mériel vint consacrer le sanctuaire. Elle
vivait à la Faisanderie avec sa soeur, la veuve du célèbre photographe Emile REUTLINGER (1863-1937).
Sortant parfois de sa retraite, notamment pour les consultations
électorales, elle apparaissait aux Mériellois médusés, coiffée
d’un chapeau bleu-roi.
En 1963, elle
n’habitait plus Mériel. Le baron Jean Barclay lui avait fait
aménager un appartement dans le château d’Avrainville près
d’Arpajon. On la vit encore à la télévision en juin 1965. Au
printemps 1966, elle quitte
le château d’Avrainville et s’installe dans la Villa
Réjane située dans le parc d’Hennequeville, près de
Deauville.
Elle disparaît le 3 septembre 1966 à l’âge de 93 ans à Hennequeville dans la
propriété de son ami le baron Jean Barclay Dupuy de Lantour où elle
poursuivait sa convalescence à la suite d’une fracture du
fémur. Ses dernières paroles furent : "Je remercie Dieu de m’avoir
permis d’ensoleiller mon époque et de m’avoir donné une
vie si magnifique". En 1998-99 un collège est construit à Mériel :
il portera le nom de Cécile-Sorel.
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Ses répliques et ses démêlés avec le Tout-Paris restent
légendaires.
Elle intenta un procès au
caricaturiste Bip parce qu’il avait présenté un portrait
d’elle avec un nez démesurément long au Salon des humoristes.
Elle fit une entrée fracassante et brisa la vitrine qui protégeait
le portrait. Elle retira sa plainte lorsque la toile fut vendue aux
enchères au bénéfice des pauvres de Cahors.
Jamais elle n’hésita à "jeter
un pavé dans la marre". Durant la Première Guerre mondiale,
participant à un gala de charité en Suisse, un officier allemand
lui offrit une rose :
"Madame, acceptez-vous celle fleur
?"
"Et pourquoi ne la prendrais-je
pas, s’étonna-t-elle avec hauteur, elle fera très bien sur
votre tombe".
La réplique jeta un certain froid, comme celle qu’elle lança
plus tard aux militaires qui lui reprochaient d’avoir joué la
comédie pendant l’Occupation :
"Les Allemands n’auraient
jamais mis les pieds chez moi si vous ne les aviez pas laissés
entrer".
A 60 ans elle affronta la scène du
music-hall entourée des girls emplumées du Casino de Paris. Après
avoir descendu le célèbre escalier de Mistinguett, elle demanda en
s’avançant vers le public, sous les applaudissements :
"L’ai-je bien descendu
?"
A ceux qui la présentaient comme "la
plus vieille actrice du monde", elle répondait "je suis riche des annnées".
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