François Jentel est né à Mériel le 29 août 1922. Attiré par la vie
religieuse, il entre au séminaire Notre-Dame de Grandchamp à
Versailles. Il est ordonné prêtre en 1946 à Juvisy-sur-Orge.
Souhaitant consacrer sa vie à la défense des plus pauvres, il part
pour le Brésil en 1954. Il se retrouve dans la
région du Mato Grosso à la mission
Tapirapé. Celle-ci doit son nom à la tribu des Indiens
Tapirapès. Puis il s’installe à Santa Terezinha sur les rives de
l’Araguaïa. Là, avec les paysans, il crée une coopérative,
construit une école et un dispensaire. Il fait venir des
techniciens, des médecins et des instituteurs. Il fait également
venir le premier tracteur et la première machine à décortiquer le
riz.
Il éveille surtout les Indiens au sens de la justice et ceux-ci
s’organisent en syndicat de travailleurs ruraux. Mais toutes
ces activités gênent la progression de la Compagnie de
développement de l’Araguaïa, la Codeara, qui ne peut
accaparer les terres convoitées. Avec l’aide de "Padre Chico", surnom que lui
donnaient les Indiens, les paysans se défendent courageusement pour
exiger le respect de la loi. Pour ce faire, François Jentel voyage,
écrit et proteste jusqu’au 22 mai 1973, date où il est
arrêté. Le 28 mai, il passe
devant le tribunal militaire de Campo Grande qui le condamne à 10
ans de prison pour "incitation à
la lutte des classes et à l’animosité envers les forces
armées".
Le 2 mai 1974, son avocat obtient
l’annulation de la sentence. Reconnu innocent, le père
François Jentel est malgré tout expulsé et rentre en France. Le
1er décembre 1975, il retourne au Brésil où il
est à nouveau arrêté et expulsé pour la seconde fois. De retour en
France, il travaille avec l’équipe pastorale
d’Argenteuil tout en participant activement aux travaux du
Comité de solidarité France-Brésil et tout en nourrissant
l’idée de retourner au Mato Grosso.
C’est au cours d’une retraite à la Flatière, en Savoie,
qu’il décède d’une hemorragie interne le 1er janvier 1979, à
l’hôpital de Chamonix. Une messe d’obsèque est célébrée
à Argenteuil le 6 janvier 1979. Il est inhumé le même jour dans la
sépulture familiale de l’ancien cimétière de Mériel.
Le 28 avril 1981, le
conseil municipal décide de donner son nom à la petite place se
trouvant devant l’église de Mériel. Une plaque commémorative
est apposée le 3 octobre 1981.